Lieu
Vallée des Génies, Saint-Gouéno et Plessala, Côtes d’Armor
Date
en cours
Commanditaires
Des membres de l’association MIR (Mené Initiatives Rurales) :
Maryse Templier (Présidente de MIR) ; Armand Le Ray et Pascal Renault (Vices-présidents de MIR), ainsi que Françoise Aignel, Laurence Aignel, Marie-Paule Aignel, Thérèse Baudet, Sophie Galisson, Vincent Le Rigoleur, Gaël Poirier (Membres de MIR) et Josette Vivier (Salariée de MIR).
Partenaires
Fondation de France, association MIR, Communauté de communes du Mené, CAUE des Côtes d’Armor, Conseil général des Côtes d’Armor, Communauté européenne – Leader +
La commande
Agréée par l’Education Nationale, l’association MIR mène des actions pédagogiques pour présenter la vallée de façon éducative et ludique ainsi que pour sensibiliser aux enjeux de la gestion de l’eau et du milieu naturel.
Depuis 2001, l’association MIR est en charge d’un fond de vallée situé sur les communes de Saint Gouéno et de Plessala. Dénommée la Vallée des Génies, en mémoire de la dernière lavandière – Eugénie – des bords du Léry, cette vallée constitue une réserve naturelle exceptionnelle pour la faune et la flore locales.
Un sentier de randonnée permet une visite découverte libre ou accompagnée. Parallèlement, l’association organise des temps forts destinés à mettre en lumière le fond de vallée, comme la programmation de ballades nocturnes contées, pouvant réunir plusieurs centaines de personnes.
Dans la continuité de ce travail de valorisation et conseillée par le CAUE 22 (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement des Côtes d’Armor), l’association a fait appel à un artiste pour développer et rendre visible ses actions. En 2005, un groupe de commanditaires composé de membres de MIR a sollicité l’association Eternal Network dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France pour l’accompagner dans sa démarche.
Les commanditaires souhaitent créer un circuit, ou sentier d’interprétation, qui permettrait de soutenir les activités de valorisation de la vallée en leur donnant une meilleure visibilité. Ouvert au public en dehors des visites accompagnées, il devra être accessible à tous, en particulier aux personnes à mobilité réduite.
Ce parcours s’accompagnera d’une signalétique destinée à faciliter l’appréhension de l’environnement et à servir de support aux activités associées. Les commanditaires envisagent également la construction d’un espace d’accueil sur le modèle d’habitat écologique pouvant servir de source d’informations sur les randonnées alentours.
En se basant sur l’exemple de l’écologie participative, les commanditaires ont souhaité que cette réalisation s’effectue sous la forme de workshops impliquant la population locale, tant dans la phase de conception que dans la phase de réalisation du projet. Il s’agit à la fois de susciter la mémoire locale et de faciliter l’appropriation de ce lieu par la population.
Sur une proposition d’Eternal Network, une étude artistique a été confiée à François Seigneur.
Le projet
En réponse à une commande complexe, réclamant la prise en compte d’un nombre important de contraintes (zone humide, accessibilité aux personnes à mobilité réduite, utilisation d’énergies écologiques, projet participatif...) François Seigneur propose un geste architectural et artistique simple et inattendu : un trait dessiné dans le paysage qui se matérialise sous la forme d’une passerelle de 350 mètres de long. Intitulé avec humour Le Trait d’Génie, ce projet propose de redéfinir de façon radicale le paysage de la Vallée des Génies sur un mode poétique. Une ligne droite, comme un fil tendu d’un bout à l’autre de la vallée, introduit l’empreinte de l’homme dans le paysage et offre un point de vue autre sur l’ensemble de la vallée.
En contrepoint de la rectitude de ce trait dans le paysage, la forme de la structure porteuse est aléatoire car construite avec des matériaux récoltés sur le territoire des communes concernées (équipements agricoles, anciennes machines et outils, troncs d’arbres, charpentes métalliques…). L’utilisation de matériaux recyclés pour la réalisation de l’œuvre prend en compte la mémoire collective locale et valorise le mode de vie rural et l’activité agricole toujours très présente sur ce territoire.
Cette passerelle est conçue comme un support ouvert sur lequel viendra se greffer une multitude d’éléments artistiques, pédagogiques et fonctionnels. Entièrement autonome grâce à l’énergie solaire et hydraulique, elle sera un outil mis à la disposition de tous, riverains et visiteurs.
François Seigneur propose une série de workshops réunissant chaque année aussi bien des habitants du Mené que des étudiants en ingénierie, en architecture, en art et en sociologie.
Du 14 au 27 septembre 2008, un premier atelier a été conduit par François Seigneur avec des étudiants en arts appliqués, architecture et histoire de l’art en préparation de la réalisation de l’œuvre. Les participants ont réalisé une maquette à l’échelle 1/100 de la passerelle, aidés de l’artiste Monika Brugger. Avec le metteur en scène et acteur Olivier Hussenet, ils ont travaillé à un inventaire inédit de la mémoire du Mené qui a pris la forme d’un reportage photographique et d’un atelier d’écriture. L’ensemble des éléments réalisés au cours de ce workshop constituent une installation à la fois visuelle et sonore.