Vidéovillage

Artistes

Pierre Grangé-Pradéras, Florence Lazar, Zhenchen Liu, Jean-Michel Pancin

Lieu

commerces du quartier Blanqui, Tours, Indre-et-Loire

Dates

15 > 18 septembre 2011

Contexte

Dans le cadre de la Ville à l’état gazeux organisée par le pOlau, Pôle des Arts Urbains.

Partenaires

pOlau, ville de Tours (service des expositions), IUT de Tours, Contexts

Remerciements aux commerçants de la place Saint-Pierre-Ville :

  • le salon de coiffure Ethys Coiff
  • la boulangerie au Coin du pain
  • le traiteur François Juigné
  • la supérette Sap
  • le café le Press Tige

L’exposition

Après Vidéoparking qui montrait des vidéos de jeunes artistes dans le parking souterrain de l’université de Tours en 2006 (dans le cadre du festival Rayons Frais),Vidéovillage reprend ce principe en investissant les commerces du quartier Blanqui.

Documentaires ?, fictions ?… à partir d’une description de la réalité, le regard des artistes nous entraîne vers des espaces troublants. Une série de petits voyages porteurs d’une réflexion sur la ville, le territoire, le paysage et la manière dont nous occupons l’espace public.

L’art vidéo est apparu pour les artistes comme un médium aux multiples possibilités, aussi bien utilisé dans des installations, en projection ou diffusée sur un écran, narrative ou proche de la photographie, en boucle sans début ni fin, sous forme de clip, ou encore s’apparentant au documentaire. La vidéo demeure encore une discipline artistique méconnue. Quand elle fait irruption dans l’espace public, on peut l’assimiler à la télévision, à un support publicitaire ou de communication ; son statut d’œuvre d’art reste encore ambigu quand elle sort des galeries et musées.
Vidéovillage s’inscrit dans un quartier de Tours et l’on se demande pourquoi des commerçants présentent des vidéos d’art dans leurs vitrines. À l’image des vidéastes, les commerçants investissent, à leur manière, l’espace public et exploitent le potentiel de publicité de la petite place qu’ils font vivre quotidiennement. Avant de désigner une technique de commercialisation, le mot "publicité" s’accorde à un objet commun et visible par tous, lui-même acteur de sa propre monstration. Dans le quartier Blanqui, nos commerces entourent l’église et forment un bourg de village, paisible, où tout le monde se connaît. Ce qui est rendu visible est la capacité de cette fédération informelle à créer un espace de socialité cousu par une certaine familiarité. Pour Vidéovillage, ils se sont accordés pour installer dans leurs vitrines, au milieu des produits qu’ils proposent, une fenêtre animée ouvrant sur un ailleurs, des moments particuliers décrits sans jugement, ni angélisme, ni revendication, de simples possibles usages de la rue.

Enfin, la rue demeure un champ d’exploration artistique infini. Ici, les artistes créent des images plastiques assumant une esthétique picturale : une route américaine dessinant une image minimaliste chez Jean-Michel Pancin ; des jeux de cadrage au travers des fenêtres de quelques murs encore debout pour Zhenchen Liu ; un point de vue unique et la surprise d’une composition se construisant comme par miracle avec la Prière de Florence Lazar ; l’abstraction géométrique des parasols du Marché Saint-Michel de Pierre Grangé-Pradéras.

Florence Lazar, La Prière , 20’, 2008 — L’artiste filme une rue parisienne qui, régulièrement, voit son usage habituel détourné en lieu de prière musulman. Cette vidéo nous ramène aux réflexions très actuelles sur l’usage des espaces publics, notre rapport au partage, à la tolérance, à la définition même de ces espaces dans une démocratie laïque.

Pierre Grangé-Pradéras, Marché Saint-Michel , 6’57 , 2006 — L’artiste nous montre la transformation hebdomadaire d’une place bordelaise sur la totalité d’une journée et d’une nuit. Le temps dessine l’espace à partir d’un point fixe, par la succession de milliers de photographies. >voir la vidéo en ligne

Zhenchen Liu, Under Construction , 10’ , 2007 — L’artiste filme un quartier de Shanghaï en pleine mutation. Comme dans les peintures chinoises construites autour d’un vide où la vie apparaît par petites touches fragiles, le quartier est parcouru par la caméra qui, à l’image d’ un pinceau, le transforme en une étrange et amère « peinture » de paysage animé. Production de l’Atelier national du Fresnoy

Jean-Michel Pancin, Speedway , 5’35 , 2006 — L’artiste nous fait découvrir un territoire étrange de l’Ouest américain. Ce lieu est le théâtre régulier de compétitions de vitesse. Speedway est composée d’un seul mouvement, qui s’initie sur une route désertique avant de s’enfoncer dans l’espace aquatique. Avec ce changement d’environnement, la nature du déplacement se transforme. De la terre à l’eau, entre eau et air.