Re-vivre
Laurent Pernot


IMAGES :

À propos de l'artiste :


Lieu

centre hospitalier de Saint-Malo, Ille-et-Vilaine, Bretagne

Date

2013

Commanditaires

  • Laurent Donadille, directeur de la communauté hospitalière de territoire Saint-Malo ­– Dinan – Cancale, puis Jean Schmid
  • Nathalie Guinard, médecin coordinateur
  • Alexia Bizeul, infirmière coordinatrice, chargée des prélèvements
  • Catherine Prémel-Cabic, directrice adjointe, chargée du projet
  • Dominique Moreau, président de FRANCE ADOT 35

Et avec le concours de Armelle Boulvard, coordinatrice pour l’Agence de biomédecine de Rennes.

Médiation

Éric Foucault

Partenaires

Fondation de France, Fondation Daniel et Nina Carasso, ville de Saint-Malo, centre hospitalier de Saint-Malo
Les donateurs : AMIGO (Associations Militant pour le don et la Greffe d’Organes en Bretagne), GMF, mutuelle MCD, groupe Beaumanoir, institut Georges Lopez.
Et avec le concours de l’Agence de la biomédecine et de FRANCE ADOT 35.

Le contexte de la commande

En France, plus de 13 500 malades ont besoin d’une greffe d’organe chaque année. En 2010, 4 708 d’entre eux ont été greffés. L’ hexagone connaît une situation de pénurie.
Aussi, la question du prélèvement a été élevée au rang de priorité nationale : chaque établissement de santé a pour mission de participer au prélèvement et de mettre tout en œuvre pour augmenter le nombre de greffes.

La loi de bioéthique du 6 août 2004, conseille, à travers l’article L1233-3 du Code de la santé publique, aux « établissements titulaires de l’autorisation mentionnée à l’article L1233-1, [de créer] un lieu de mémoire destiné à l’expression de la reconnaissance aux donneurs d’éléments de leur corps en vue d’une greffe.  »
En 2010, le conseil d’orientation de l’Agence de la biomédecine a réaffirmé que la société tout entière doit remercier les donneurs, vivants ou décédés et leurs proches, d’un tel geste. En lien avec l’Agence de la biomédecine de Rennes, le centre hospitalier de Saint-Malo contribue à une meilleure organisation territoriale des prélèvements et de la greffe en France depuis plus de 15 ans.

  • Par ailleurs, le conseil d’orientation de l’Agence de la biomédecine réaffirme en 2010 que la société tout entière doit remercier les donneurs, vivants ou décédés et leurs familles d’un tel geste.

Un médecin et la directrice adjointe du centre hospitalier de Saint-Malo ont imaginé que ce lieu de mémoire pourrait être confié à un artiste. Elles se sont rapprochées d’un acteur important dans ce domaine, FRANCE ADOT 35 (Association pour le Don d’Organes et de Tissus d’Ille-et-Vilaine), membre du collectif AMIGO (Associations Militant pour le don et la Greffe d’Organes en Bretagne).

L’objectif de FRANCE ADOT 35 et d’AMIGO est de promouvoir le don d’organes et de créer un événement pour informer et sensibiliser le public. Par exemple, ils organisent le Tour de Bretagne des greffés chaque année, en octobre, contribuant à faire parler des procédures de prélèvement et de greffe, et montrer que les patients greffés peuvent avoir une vie comme tout le monde.

La commande

L’œuvre doit permettre d’associer le don d’organes au don de vie et rendre hommage aux donneurs et à leurs proches.
Elle doit se présenter comme un signe d’espérance, susciter intérêt et interrogations chez le public. Il est important qu’elle montre qu’une vie peut en sauver plusieurs. Emprunté par la majorité des usagers de l’établissement, le grand hall d’accueil de l’hôpital a été identifié pour son installation.

L’ objectif de cette commande est que chaque personne se rendant à l’hôpital puisse prendre conscience de la nécessaire reconnaissance manifestée envers tous ceux et celles qui ont permis une transplantation et être informée sur le don d’organes.
Toutefois, l’activité du prélèvement d’organes (le centre hospitalier n’est pas habilité à greffer) étant minoritaire par rapport à l’ensemble des actions du centre hospitalier, l’œuvre ne doit pas être spectaculaire et monumentale ; il est nécessaire qu’elle trouve un subtile contraste entre visibilité et modestie.

Le pré-projet

« À la suite de nos échanges et de ce moment partagé, autour de la question sensible du don d’organes, j’ai été très enthousiaste à l’idée de réfléchir à la création d’une œuvre qui soit emblématique.
Il est vrai que, dès le début de ma carrière, de nombreuses questions liées à l’étude de la vie sont à l’origine de mes travaux. Et elles se déploient souvent, dans une approche que je souhaite poétique, par la représentation du corps humain, par l’observation du monde qui nous entoure, et par une immersion dans l’histoire, dans notre mémoire. J’expérimente ainsi plusieurs formes d’expressions artistiques, de la photographie aux installations interactives, afin de rendre perceptibles ces liens qui nous unissent, quels que soient les individus, notre langage, les sociétés.
Le champ de l’art contemporain est devenu progressivement un terrain d’exploration, un espace d’échanges et de rencontres, un lieu de transmission. »
extrait de la note d’intention de Laurent Pernot, Paris, 9 juillet 2011

Le projet

Depuis l’Antiquité, le bas-relief est doté d’une fonction narrative ; il rend gloire aussi bien aux héros et aux dieux qu’aux acteurs anonymes de la cité.
Laurent Pernot propose, un bas-relief représentant un groupe de personnages à l’échelle 1, formant une sorte de monolithe, certains s’appuyant sur d’autres (au moyen de la courte échelle), d’autres se tenant par la main. Chaque personnage, non-identifiable, incarne un donneur anonyme et fait écho au caractère universel du don. La composition de la sculpture rappelle qu’un donneur peut sauver plusieurs vies.
Concrètement, la sculpture est réalisée en mousse polyuréthane recouverte d’un alliage de poudre de marbre et de résine, puis fixée au mur. Elle est peinte avec la même teinte que le mur pour s’y intégrer discrètement.

L’œuvre

Installée dans le hall d’entrée, la sculpture accueille tous les patients, les visiteurs et le personnel. Re‑vivre s’inscrit dans ce lieu avec discrétion et subtilité. Ce bas-relief montre des personnages de différents âges qui apparaissent sur le mur comme une excroissance, une greffe. Chaque personnage prend appui l’un sur l’autre jusqu’à s’entremêler, rappelant que l’on peut prélever plusieurs organes sur un donneur et ainsi sauver plusieurs vies.
La composition imaginée par Laurent Pernot représente « un ensemble de silhouettes liées entre elles dans une situation de fragile équilibre, de solidarité et de communauté, où la vie des uns serait suspendue à celle d’un autre. »
Il était important pour les commanditaires que cette œuvre soit un hommage à la vie et qu’elle invite à échanger sereinement sur le sujet. Les valeurs universelles d’optimisme et de solidarité que Re‑vivre aborde, font d’elle une œuvre bien plus riche qu’un simple remerciement aux donneurs.