Lieu
Hôpital de Saint-Malo, Ille-et-Vilaine, Bretagne
Date
en cours d’étude
Commanditaires
- Monsieur Laurent DONADILLE, Directeur de la Communauté Hospitalière de Territoire Rance Emeraude,
- Madame Nathalie GUINARD, Médecin coordinateur
- Madame Alexia BIZEUL, Infirmière coordinatrice, chargée des prélèvements
- Madame Catherine PREMEL-CABIC, Directrice Adjointe, Responsable du Foyer de vie « Les quatre pavillons ».
- Monsieur Dominique MOREAU, Président de l’ADOT35
Et avec le concours de Madame Armelle BOULVARD, Coordinatrice pour l’Agence de Biomédecine de Rennes.
Partenaires
Fondation de France, Fondation Daniel et Nina Carasso, Hôpital de Saint-Malo
Le contexte de la commande
11 000 malades ont besoin d’une greffe d’organe chaque année.
En 2004, 4 000 d’entre eux ont été greffés. La France connaît donc une situation de pénurie.
La question du prélèvement est élevée au rang de priorité nationale : chaque établissement de santé a pour mission de participer au prélèvement et de mettre tout en œuvre pour augmenter le nombre de greffes.
En lien avec l’Agence de Biomédecine de Rennes, le Centre Hospitalier de Saint-Malo contribue à une meilleure organisation territoriale des prélèvements et de la greffe en France depuis plus de 15 ans.
L’autorisation de prélèvements multi-organes et de tissus a été renouvelée par l’Agence Régionale de l’Hospitalisation le 13 février 2008 pour une durée de 5 ans.
« Lieux de mémoire »
Par ailleurs, le Conseil d’Orientation de l’Agence de la Biomédecine lors de sa séance du 22 janvier 2010 a réaffirmé que la société tout entière doit remercier les donneurs, vivants ou décédés et leurs familles d’un tel geste.
Ce besoin de reconnaissance a été introduit dans la loi de bioéthique du 6 août 2004 dans l’article L1233-3 du Code de la Santé Publique ainsi rédigé :
« dans les établissements titulaires de l’autorisation mentionnée à l’article L 1233-1, il est créé un lieu de mémoire destiné à l’expression de la reconnaissance aux donneurs d’éléments de leur corps en vue d’une greffe. »
L’objectif doit être que :
- chaque personne se rendant à l’hôpital puisse tout à la fois prendre conscience de la nécessaire reconnaissance manifestée envers tous ceux et celles qui ont permis une transplantation et être informée du don d’organes
- chaque citoyen approchant un mode de reconnaissance collective connaisse mieux le don et appréhende l’altruisme qui caractérise la démarche.
Un médecin et la Directrice Adjointe de l’Hôpital de Saint-Malo ont imaginé que ce lieu de mémoire pourrait être confié à un artiste. Elles se sont rapprochées d’un acteur important dans ce domaine, l’ADOT - Association pour le Don d’Organes et de Tissus d’Ille et Vilaine -, membre du collectif AMIGO - Associations Militant pour le don et la Greffe d’Organes en Bretagne.
L’objectif de l’ADOT35 et d’AMIGO est de promouvoir le don d’organes et de créer un événement pour informer et sensibiliser le public.
Par exemple, ils organisent le Tour de Bretagne des greffés chaque année, en octobre, contribuant à faire parler des procédures de prélèvement et de greffe, et montrer que les patients greffés peuvent avoir une vie comme tout le monde.
La commande
Les commanditaires aimeraient q’une œuvre évoque le don d’organes et rende hommage aux donneurs et à leurs familles.
L’œuvre permettra d’associer le don d’organe au don de vie, une forme de solidarité humaine. Plus généralement, elle doit refléter les valeurs du don de soi et de l’altruisme.
L’œuvre pourrait être une réalisation lumineuse.
L’œuvre doit avoir un caractère positiviste, être un signe d’espérance ; il faut qu’elle attire le regard, suscite intérêt et interrogations chez le public.
Toutefois, considérant que l’activité du prélèvement d’organes (l’hôpital n’est pas habilité à greffer) est minoritaire par rapport à l’ensemble des actions de l’hôpital, l’œuvre devra éviter d’être spectaculaire et monumentale ; elle trouvera un subtile contraste entre visibilité et modestie.
Lieu pressenti : Le grand sas d’accueil de l’hôpital et plus précisément le mur de l’escalier d’entrée.
Le pré-projet
“A la suite de nos échanges et de ce moment partagé, autour de la question sensible du don d’organes, j’ai été très enthousiaste à l’idée de réfléchir à la création d’une œuvre qui soit emblématique.
Il est vrai que, dès le début de ma carrière, de nombreuses questions liées à l’étude de la vie sont à l’origine de mes travaux. Et elles se déploient souvent, dans une approche que je souhaite poétique, par la représentation du corps humain, par l’observation du monde qui nous entoure, et par une immersion dans l’histoire, dans notre mémoire. J’expérimente ainsi plusieurs formes d’expressions artistiques, de la photographie aux installations interactives, afin de rendre perceptibles ces liens qui nous unissent, quels que soient les individus, notre langage, les sociétés.
Le champ de l’art contemporain est devenu progressivement un terrain d’exploration, un espace d’échanges et de rencontres, un lieu de transmission.
La ligne directrice consiste à focaliser l’attention sur les bénéfices d’un consentement au don. Il s’agira d’imaginer un bas-relief très discret et parfaitement intégré dans l’espace, telle une sculpture faisant corps avec l’architecture. Les formes apparaîtront de façon subtile sur le mur de l’escalier d’entrée à la lumière naturelle, elles représenteront un ensemble de silhouettes liées entre-elles dans une situation de fragile équilibre, de solidarité et de communauté, où la vie des uns serait suspendue à celle d’un autre.
Par exemple, l’image d’un groupe d’enfants faisant la courte échelles, et d’autres situations encore, seront expérimentées et discutées avec l’ensemble des commanditaires.
Je souhaite que l’œuvre soit un signe d’espérance, car nous sommes tous liés face à la pensée de ce destin partagé.”
Note d’intention et projet de Laurent Pernot
Esquisse du projet de Laurent Pernot
Laurent Pernot propose de réaliser un bas-relief. Il imagine un groupe de personnages à l’échelle 1/1, formant une sorte de monolithe, certains s’appuyant sur d’autres, d’autres se tenant la main rappelant qu’un donneur peut sauver plusieurs vies.
Réactualisant la tradition du bas-relief, les personnages de Laurent Pernot auront un aspect lissé, avec des figures relativement neutres. Depuis l’antiquité, le bas-relief a une fonction narratrice ; il rend gloire aussi bien aux héros et aux dieux qu’aux acteurs anonymes de la cité. Avec l’aspect neutre des personnages, il s’agit d’incarner tous les donneurs et leur geste héroïque posthume.
Concrètement, la tapisserie du mur du hall de l’escalier sera déposée. Les personnages réalisés en résine seront apposés contre le mur. Puis l’ensemble sera recouvert d’un enduit blanc, de sorte que l’on ait l’impression que les figures sont une excroissance du mur, une greffe.
Une subtile installation de luminaire permettra d’accrocher des ombres selon certains points de vue et, selon d’autres, l’œuvre pourra disparaître.