Orna-mental Activism
Babi Badalov


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21 mars > 25 mars 2018 • Vernissage le mercredi 21 mars à partir de 15h.
Exposition dans le cadre de la manifestation PRÉTEXTE (11 lieux pour un parcours autour du dessin) • Tours.

Commissariat : Éric Foucault.
Coordination et médiation : Justine Gallou.

Babi Badalov intégre des poèmes à ses œuvres qui parle de « poésie visuelle ». Sa vie d’exil est retranscrite dans ses textes qui traitent de son expérience personnelle et de son regard critique sur la géo-politique actuelle. Sa pensée se diffuse sur de multiples supports : carnets, tissus, murs, vêtements, venant apporter de la corporalité à son œuvre. Le processus artistique de Babi Badalov est particulier, dans le sens où il se tourne toujours vers une économie de moyens (récupération de tissus ou de coupures de presse) et de pratique (petit espace de réalisation). Prenant peu de place, pliées et facilement manipulables, ses œuvres lorsqu’elles sont déployées viennent impacter fortement le public par l’engagement de ses textes. La langue choisie dans son œuvre est l’anglais pour sa dimension universelle ; cependant, elle est complexifiée par d’autres langues et symboles. Ses poèmes peints jouent avec le langage à travers des jeux de mots (SOS ialism), de l’écriture automatique et des ornements venant rythmer ses propos. Depuis quelques années, Babi Badalov s’intéresse fortement au lien entre texte et support, à travers le dessin composé de formes géométriques : angles, effet tribal et lettres symétriques.

Prenant au pied de la lettre le nom de la manifestation, “pré-texte”, annonçant que le dessin viendrait avant la lettre, le travail de Babi Badalov oscille en permanence entre le dessin et le texte : je dessine des mots, dit-il. Une écriture hybride à l’image de l’Azerbaïdjan, dont il est originaire, frontière entre des cultures (slave, occidentale, perse), des alphabets (altaïque, latin, russe), tout comme Babi, globe-trotter installé dans le quartier multiculturel de Barbès à Paris. Pour Eternal Gallery, il présente ses tissus peints, exposés comme des étoffes dans les marchés exotiques, un univers foisonnant et généreux, témoignant d’un fort engagement politique pour les personnes perpétuellement chassées de leur terre natale ou d’exil.

Au rez-de-chaussée • Tissus peints, performance-installation in-situ, 2015-2018.

Babi Badalov nous offre une sélection de ses récents tissus peints qui, sous la forme d’une performance, sont interchangés tout le long de l’exposition par les médiateurs : une chorégraphie où les tissus sont perpétuellement accrochés et décrochés, dans une valse de mots, de slogans, de pensées. Pourquoi le tissu ? Il fait référence au vêtement, le dernier rempart avant l’animalité, frontière sur laquelle Babi aime à se promener. D’ailleurs, une de ses œuvres porte le texte To Make Art, To Take Cloths Off (faire de l’art, c’est enlever ses vêtements, se mettre à nu), car ce qu’il expose est bel et bien autobiographique. Certains termes récurrents, ainsi que les noms de personnalités artistiques ou politiques, font écho à la vie personnelle de l’artiste, entre errance, exil, engagement et humanisme.

À l’étage • Peinture murale, 2018.

Babi Badalov, investit les murs du premier étage avec une peinture murale qu’il dédie à des pensées autobiographiques, ses préoccupations actuelles et une grande liberté d’expression. Le modus operandi est l’écriture automatique, serpentant entre des jeux de mots, des formes hybrides, des occurrences, où dessins, ornements et textes s’entremêlent. Mais Babi Badalov privilégie surtout le texte. Quand j’écris, je dialogue avec les visiteurs qui verront mes œuvres  ; quand je dessine, j’ai l’impression de dialoguer uniquement avec l’histoire de l’art. Il cherche à entrer en conversation avec le maximum de monde. Son langage écrit est paradoxalement oral, du moins phonétique, avec des approximations orthographiques dues au mélange des langues. Il souhaite ainsi que chacun laisse aller son imagination et, qu’à partir de mots simples, on puisse aussi bien divaguer que manifester son engagement politique. Sous une forme d’auto-dérision, Babi Badalov joue avec sa difficile maîtrise des langues en créant des rapprochements de mots qui, non sans humour, nous interrogent sur la construction du langage, qui s’est souvent faite de manière autoritaire. Ainsi les jeux de mots Auguste Renoir, Auguste Reblanc ou Nuclear powar, No clear power, ou encore Pays de Loire, Pays de boire, oscillent entre légèreté et gravité.

En partenariat avec la galerie Jérôme Poggi (Paris) où Babi Badalov expose également, du 24 mars au 27 mai 2018 : De More Cry Sea.

Informations Pratiques

Eternal Gallery
Les Octrois, place Choiseul 37100 Tours
ouverture tous les jours de 15h à 19h

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