Les Reconfigurants
Patrick Bernier et Olive Martin


IMAGES :

À propos de l'artiste :


Lieu

ECV (École de Communication Visuelle), Nantes , Pays de Loire

Date

Inauguration le 31 mars 2017 (débuté en 2013)

Commanditaires

Des étudiantes et étudiants de deuxième et troisième année de Licence : Cyrielle Declarey, Clarence Grue, Priscille Binachon , Maha El Aoufir, Marion Lhioreau, Gwendoline Rousseau, Marion Feron, Guillaume Lefèvre, Karim Manaï et Benjamin Nghe accompagnés de membres de l’équipe de direction et de l’équipe enseignante de l’école : Catherine Loget, illustratrice, directrice de l’école et Sophie Northam, graphiste indépendante, enseignante en édition.

Partenaires

Fondation de France, Ville de Nantes, Région Pays de Loire, CROUS, ECV.

Médiation

Jacques Rivet et Marie-Laure Viale (Entre-deux), médiateurs relais, et Éric Foucault (Eternal Network), médiateur agréé.

Le contexte de la commande

Ouverte en 2001 à Nantes, l’ECV fait partie d’un groupe de cinq écoles implantées à Paris, Bordeaux, Aix-en-Provence et Lille. Les écoles ECV ont été fondées par Patrick Hermand en 1981. Il s’agit d’établissements d’enseignement supérieur privés, sous la tutelle des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture. La formation se déroule en cinq années et prépare au diplôme de Concepteur en Communication Visuelle de niveau 2. Inscrite à l’échelle internationale, l’école fait partie de trois dispositifs : Erasmus, Campusfrance et Cumulus. À Nantes, l’école est dirigée par Catherine Loget, illustratrice de métier et formée à l’école des beaux-arts d’Angers. En 2012-2013, l’école comptent 167 étudiant(e)s et 49 professionnels interviennent comme enseignants.
Un événement à la rentrée scolaire de 2010 a amené l’idée du projet. Une séance de bizutage des premières années a été filmée et postée sur Youtube. ACB (Association Contre le Bizutage), suite à ces images, a envoyé une lettre au recteur et à la directrice dénonçant les faits et demandant une enquête pour des sanctions. Depuis, le bizutage est interdit. La réception de ces événements a été vécue très différemment par les étudiants et l’administration.
Pour certains étudiants, le bizutage est une manière de se rencontrer et ce n’est pas bien méchant. Pour d’autres, le sentiment d’être obligé d’y participer pour faire parti du groupe. Pour d’autres encore, il s’agit d’un rituel, comme une chaîne sans fin. Certains apprécient cet événement et regrettent son interdiction. D’autres y participent pour ne pas se sentir exclus mais redoutent ce moment, en particulier les actions dans l’espace public.
Tous insistent sur l’importance d’un moment de rencontre, d’accueil des étudiantes et étudiants de première année. Ils pensent que la question du bizutage les concerne en premier lieu et souhaitent engager une réflexion sans regard moralisateur. Les étudiants veulent agir et proposer une nouvelle forme d’accueil. Dans ce cadre, ils expriment le vœu d’être accompagnés par un artiste à travers une commande artistique. Les étudiants pensent qu’un artiste pourra les surprendre et offrir un nouveau regard sur la question.

La commande

Les étudiants ont exprimé l’idée d’un projet autour de la création d’un événement particulier, un passage symbolique qui marquera l’arrivée des nouveaux étudiants dans l’école. Ils imaginent une forme éphémère, ponctuelle, qui pourra être répétée chaque année par interprétation renouvelée à partir d’une règle du jeu et peut-être la création d’objet(s) qui symboliseront le « passage de témoin ».
Chaque forme à inventer pourra à la fois être activée et interprétée dans l’école par les étudiants ; elle pourra également être diffusée dans le milieu étudiant afin de faire connaître le projet, le contexte de cette commande artistique et propager ce nouveau rituel.
La forme de l’œuvre se matérialisera quand les étudiants l’activeront à la période de la rentrée scolaire dans le moment propice et choisi par eux. En dehors de cette période d’interprétation du protocole, l’œuvre aura un rôle de document et d’information.
L’artiste devra prendre en compte la participation des étudiants pour toute ou partie de la réalisation de l’œuvre.

Le projet

Sur une proposition d’Entre-deux, les commanditaires ont choisi de travailler avec les artistes, Patrick Bernier et Olive Martin. Ils proposent de concevoir l’identité estudiantine de l’école non pas comme une identité fixe, mais comme une identité dynamique, en constante redéfinition du fait du renouvellement de sa population. Cette redéfinition permanente ne signifie pas un bouleversement systématique, mais la possibilité d’être reconsidérée sous des jours renouvelés.
Patrick Bernier et Olive Martin proposent un nom, déjà évoqué lors d’une séance de travail : Les Reconfigurants . Ce nom désignerait à la fois les nouveaux arrivants dans l’école, l’évènement et la période durant laquelle il se manifeste. Comme beaucoup de termes, celui de reconfiguration a été investi par l’informatique : il peut y désigner la réorganisation d’un ensemble rendu nécessaire par l’ajout d’un nouveau matériel, ou bien, plus techniquement, l’opération consistant à modifier les connexions ou le comportement d’un circuit logique. Dans cette dernière acception, les derniers développements de la technologie permettent la re-configuration de circuits logiques programmables sans en interrompre le fonctionnement. Cette reconfiguration dynamique a retenu l’attention des artistes.
Une fois précisé le nom – Les Reconfigurants – et évoqué le principe selon lequel la structure existante accueille avec bienveillance, voire encourage les modifications que ceux qui arrivent peuvent apporter à son fonctionnement, il faut déterminer les endroits où pourront opérer les Reconfigurants et les modalités de cette opération. Les Reconfigurants s’articulent en trois temps :

  • Le Dénouement - en début d’année
  • Les Assemblées de tramage - pendant l’année
  • La Nuit des Reconfigurants - en fin d’année.

Durant les Assemblées de tramage qui réunissent les étudiants volontaires autour de l’organisation des deux autres évènements, est tissé un enregistrement perlé des discussions, la Trame. Celle-ci s’inspire des wampums amérindiens, ceintures de perles tissées et échangées notamment lors de rencontres diplomatiques et dont les motifs graphiques codent les ententes conclues. De cette manière, les artistes ont mis en place un système de wampum tissé par les élèves de l’ECV à chaque rencontre, pour visualiser les temps de parole entre les différents acteurs. Chacun est représenté par une perle de couleur différente : les commanditaires en orange, les artistes en bleu et les médiateurs en rouge ; le blanc pour les temps de silence, le bleu ciel quand des documents (comme des vidéos) sont présentés.

C’est cette Trame, témoin des échanges des Reconfigurants durant l’année, qui est dénouée pendant l’étape du Dénouement, à la rentrée suivante en guise d’accueil des nouveaux élèves à qui il sera donné de la tisser à leur tour. Déjà deux Dénouements ont eu lieu, l’un en novembre 2014 et l’autre en octobre 2015.

Les productions liées au projet

Édition d’un livre d’artiste du projet en trois exemplaires réalisés par les commanditaires de l’ECV.

Fabrication de trois versions de l’arc à tisser, le Pénélope, ainsi que d’un mobilier, l’Ithaque, qui sert de support de présentation, de diffusion et de mémoire du projet. Ils sont réalisés par Fichtre, un collectif d’architectes.

Mise en place d’un événement annuel, La Nuit des Reconfigurants, qui est à la fois culturel et festif avec des invités :

  • • Première Nuit des Reconfigurants (durant la nuit du 10 au 11 avril 2015).
  • • Deuxième Nuit des Reconfigurants (durant la nuit du 8 au 9 avril 2016)
  • • Inauguration de la commande artistique et troisième Nuit des Reconfigurants (le 31 mars 2017).

> Accéder au site internet dédié au projet en cliquant ici.