Les paysagers du dit
Patrick André et Anne-Violaine Taconet

Lieu

Le Richelais, Indre-et-Loire

Date

2002

Commanditaires

l’association Familles, tuteurs et amis des handicapés de Touraine et plus particulièrement : Mme Boconnet, M. et Mme Brault, M. et Mme Bruneau, M. et Mme Chelle, M. et Mme Gaborit, M. et Mme Hergaut, M. et Mme Mordret, M. et Mme Régnier et Mme Sempé

Partenaires

Fondation de France, Drac Centre, conseil général d’Indre-et-Loire, chambre d’Agriculture d’Indre-et-Loire et des agriculteurs locaux

La commande

L’association Familles, tuteurs et amis des handicapés de Touraine, créée en 1994, se compose de parents et proches de personnes considérées comme déficientes intellectuellement. Sa mission consiste à contrôler le bon fonctionnement des lieux d’accueil, mais aussi à apporter un soutien moral et/ou matériel aux familles. Des parents ont souhaité faire appel à un artiste pour aider à une meilleure considération de leurs enfants autant qu’à une reconnaissance collective de leur situation personnelle difficile.

L’œuvre

L’intervention artistique conçue par Patrick André et Anne Violaine Taconet, Les Paysagers du Dit, constitue l’aboutissement d’un travail mené pendant deux ans avec de jeunes déficients intellectuels. Grâce à la complicité d’agriculteurs, de vastes motifs floraux remodelaient dix parcelles agricoles du sud du département d’Indre-et-Loire, aux environs des communes d’Assay, Braslou, Champigny sur Veude, Chaveignes, Courcoué, Lémeré, Luzé, Richelieu et Sazilly. Les anomalies colorées inscrites au sein des cultures agricoles venaient métamorphoser, le temps d’une saison, l’apparence ordinaire de ces paysages. Elles étaient pensées à l’image d’Anne, Armelle, Delphine, Dominique, Fabrice, Jean, Joël, Juliette, Michel et Véronique et illustraient leur différence en lui conférant une beauté qui donnait un nouveau sens à la normalité. Un guide touristique accompagnait la balade. On pouvait y lire les courts récits autobiographiques de ces jeunes, sortes d’esquisses littéraires de leur humanité fragile. Le parcours était accessible, dans sa totalité, en voiture ou à vélo et partiellement aux randonnées pédestres. Chacun des champs investis est aujourd’hui encore signalé par un panneau de lieu-dit. Le dit de… Anne, Armelle, Delphine et de tous les autres, constitue une signalétique qui rappelle toujours leur existence et la question de la « différence ».