Legs
Simon Boudvin

10 novembre > 16 décembre 2012

Simon Boudvin

Avec l’exposition Legs, Simon Boudvin propose littéralement de pendre la crémaillère de ce nouveau lieu.
Le travail de Simon Boudvin gravite essentiellement autour de l’architecture et des formes de la modernité. Il s’intéresse à la partie cachée de notre société avec tous ses gaspillages, ses dysfonctionnements et formes encombrantes qui finissent par devenir de véritables anomalies. Ses explorations le conduisent à élaborer un inventaire de ces processus issus de la réalité et à créer un langage plastique varié qui va de la photographie à la sculpture, en passant par la maquette ou encore le relevé topographique.
Les générations passées nous laissent des objets, des formes, des constructions devenues obsolètes, sans solutions pour leur reconversion. Que faire de notre héritage ? Le détruire, l’oublier, le cacher, ou le réutiliser, le réhabiliter, donner une seconde vie à des objets et des bâtiments, en leur trouvant de nouveaux usages.

Simon Boudvin constitue un inventaire photographique de ces objets insolites : des avions transformées en restaurant, des châteaux d’eau en habitations, des tas de rebuts déplacés et prenant l’apparence de constructions en ruines… « Ce qui m’intéresse c’est de considérer ces legs, patrimoine ou déchet, du même regard. C’est une réévaluation permanente de notre héritage qui tantôt nous conforte, tantôt nous plombe. » [1]

l’exposition

Eternal Gallery invite Simon Boudvin dans un ancien octroi du XVIIIe siècle converti en galerie. L’installation qu’il propose joue de cette récente transformation. On entrait jadis dans l’octroi [2], sûrement sans grand plaisir, pour payer un droit d’entrée. Simon Boudvin retourne cette situation. Il utilise l’objet le plus attendu dans un lieu où l’on récoltait de l’argent, un coffre-fort, et le transforme en un poêle à bois, conférant ainsi à l’espace un caractère accueillant et chaleureux. Il lui donne un second emploi, en inventant une reconversion astucieuse : un geste sculpturale et politique, une œuvre qui habite littéralement la maison déshéritée. L’exposition présente également un ensemble d’œuvres manifestant cette nécessité de s’interroger sur la réaffectation de lieux et d’objets, qu’elle soit volontaire ou inconsciente.