La forme défaite
Jean-Baptiste Caron

20 septembre > 9 novembre 2014
vernissage samedi 20 septembre à midi dans le cadre des Journées européennes du patrimoine

La forme défaite

Alors que la sculpture produit habituellement des objets figés, les œuvres de Jean-Baptiste Caron ont pourtant l’air d’être dans une dynamique de mouvement, de métamorphose, de multiplication. Leurs formes sont créées à partir de techniques peu conventionnelles s’appuyant sur les capacités des matériaux (béton, grès, acier, poussière). L’exposition La forme défaite invite le visiteur à se projeter dans ces protocoles de production, avec des clins d’œil à Brancusi ou Malevitch, jusqu’à tenter une expérimentation à partir du vent, petite vanité enfantine pour méditer sur la nature passagère et vaine de l’existence des objets. Et sur la nôtre possiblement.

Les titres des œuvres de Jean-Baptiste Caron sonnent comme des énoncés de sciences physiques – La somme des possibles, La part d’infini, La fabrique des courants d’air, etc. –, mais faisant un pas de côté en jouant les prestidigitateurs ou agissant comme l’enfant qui découvre le monde en manipulant ce qu’il a sous la main. Il se fie justement à l’apprentissage cognitif infantile, redonnant aux objets leur nature première, une forme, avant d’être nommés : ce que l’adulte appelle un pavé, sera pour l’enfant un objet cubique que l’on peut prendre dans la main... Il part donc généralement de formes géométriques simples, le carré, la sphère, pour des raisons symboliques car elles renvoient au cosmique, le carré évoquant l’ordre et le terrestre, la sphère appelant l’inifini et le céleste.

Pour Eternal Gallery, Jean-Baptiste Caron présente une série d’œuvres cubiques et sphériques posées sur une estrade, sorte de table de dissection de la matière et de la forme. Comme un espace de démonstration, il y dévoile la manière dont il a accouché de ces objets. Il expérimente des façons de les transformer par la répétition d’un geste ou à partir des potentiels physiques de mutation de la matière tels que la cuisson, l’attraction terrestre, le souffle. Par exemple, La part d’infini est une colonne formée de plusieurs pots en grès qui se déforment au fur et à mesure qu’ils s’empilent : leur déformation est due à la hauteur de laquelle l’artiste les laisse tomber avant de les cuire. Ou encore, il nous montre comment utiliser un sèche-linge pour réaliser une peinture...

Jouant à défaire ou détourner les règles de la nature, ses œuvres remettent en cause les certitudes scientifiques sur la forme finie. Jean-Baptiste Caron crée des objets dans des « états de forme », comme on dirait des arrêts sur image : manipulation, transformation, diminution, déconstruction..., jusqu’à l’évaporation. Aux sciences dures ou pures, il préférera les variables*.

Éric Foucault

* Le laboratoire des variables est une performance de l’artiste, réalisée au CNEAI en 2014, où il manipule des œuvres nouvelles ou antérieures, à la manière d’un magicien ou d’un scientifique en pleine expérimentation.

Informations Pratiques

Eternal Gallery
octroi nord-est, place Choiseul, Tours
20 septembre > 9 novembre 2014
sam & dim - 15 h > 18 h ou sur rendez-vous
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