Impressions d’espace
Florent Lamouroux


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Florent Lamouroux :


Vernissage jeudi 15 juin à partir de 18h
Ouverture dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine : samedi 17 & dimanche 18 septembre 2016 • 15h > 19h

Projet pédagogique en collaboration avec des élèves d’Indre-et-Loire

Dans le cadre d’un protocole d’éducation artistique et culturelle en faveur des collégiens d’Indre-et-Loire, le Conseil Départemental 37 et la DRAC Centre–Val de Loire, ont souhaité impulser des expérimentations dans des établissements scolaires afin de contribuer à une meilleure approche des nouveaux territoires de l’art. C’est dans ce sens que la Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale d’Indre-et-Loire, et plus particulièrement le Service de l’Éducation Artistique et Culturelle, propose à l’artiste plasticien Florent Lamouroux de développer un projet en associant plusieurs établissements scolaires du département.

Le but est de partir de principes de bases des arts plastiques – la représentation graphique et son émancipation dans l’espace – pour à la fois valoriser les savoir-faire, techniques et théoriques, acquis au cours des études des élèves, découvrir de nouveaux modes de conception et de reproduction d’œuvres d’art et d’envisager la complémentarité d’un travail collectif. La pratique artistique de Florent Lamouroux s’inscrit dans des contextes humains et sociaux, où il bouscule, souvent avec humour, les normes et les clichés, s’attachant principalement à revisiter les stéréotypes humains (le genre, la classe, la profession, les déterminismes…). Depuis plusieurs années, il montre un fort intérêt pour la «  force de travail  », en décortiquant cette notion comme activité humaine principale, codifiée et vitale. Les matériaux qu’il utilise pour réaliser ses sculptures, photographies, vidéos, installations, sont généralement pauvres : le sac plastique, le ruban adhésif, le bois. Mais ce sont sont aussi les techniques employées qui jouent sur cette économies de moyens, hésitant entre l’artisanat, le bricolage, ou encore le détournement des machines de production ; si bien que l’on peut parler d’une pratique «  low-tech  ». Comment utiliser l’outil de production industriel, non pas pour l’oblitérer, mais pour lui proposer de produire autre chose qu’une marchandise, ou le forcer à produire «  artisanalement  » un objet ?

C’est dans ce sens que Florent Lamouroux s’est penché sur l’imprimante 3D. Avec le développement de l’économie contributive, cette machine est devenue une icône du détournement du marché. Par exemple, plus besoin de racheter une cafetière si l’anse en plastique est cassée, il suffit d’imprimer l’anse ! Ce principe démocratique de l’outil de production a conduit Florent Lamouroux à proposer aux élèves de s’emparer de l’imprimante 3D et de jouer avec le double sens du mot « impression », entre perception et reproduction. Du point de vue psychologique, contrairement au «  sentiment  » et à la « sensation  », « l’impression  » a cela qu’elle est incertaine : soit elle sera confirmée par le réel, soit elle restera une illusion. Les élèves ont donc été invités à faire illusion avec l’imprimante 3D, partant des modes traditionnels du dessin et réalisant des trompe-l’œil avec la machine. Ce protocole artistique est une manière à la fois de faire découvrir l’imprimante 3D et de l’exploiter, souvent à contre-sens (comme imprimer un objet plat).

En partant de cette proposition, les élèves et leurs enseignants ont mis en place leur propre scénario, avec pour finalité de produire des objets en 3D et de les rassembler dans une exposition. À Eternal Gallery, Florent Lamouroux met donc en scène toutes les productions des élèves, en jouant à son tour avec l’impression d’espace. Le dispositif de présentation des objets, des formes géométriques plates, aux couleurs artificielles rappelant le plastique de l’imprimante 3D, crée l’illusion de perspective et joue pleinement le jeu de l’illusion 3D.

Au cours du premier semestre 2016, Florent Lamouroux s’est déplacé dans les établissements scolaires pour soumettre son projet aux élèves. C’est avec une grande liberté dans le processus créatif qu’ils se sont appropriés la thématique et ont imaginé une myriade de propositions artistiques. Ils ont été accompagnés par les fablab (l’ERC d’Avoine et le FunLab de Tours) pour découvrir les outils de fabrication numériques et mettre en œuvre leurs projets en manipulant les logiciels afférents.

LES ARCHI-OBJETS
Collège Pablo Neruda de Saint-Pierre-des-Corps.
Professeur : Gilles Blanchard.
Les élèves sont partis d’objets qu’ils avaient sous la main – ciseaux, taille-crayon... –, et ont détouré leurs silhouettes vues du dessus. Ils ont ensuite créé des formes s’extirpant de la silhouette, telles des élévations architecturales. Vues d’avion, on retrouve leurs formes originales, alors que vues de face se construit une ville de gratte-ciels.

LES MAISONS TAMPONS
Collège Henri Becquerel d’Avoine.
Professeure : Maud Chatelier.
Les collégiens ont imaginé une proposition artistique autour de leur habitation. Ils ont réalisé un dessin de la façade de leur propre maison en la déformant afin d’en changer l’aspect. Ces dessins en 2D ont ensuite été modélisés en 3D avec le logiciel afin de pouvoir les imprimer. Les pièces produites en 3D sont des tampons pour construire une ville «  tamponnée  », qui fonctionne autant en volume avec la 3D qu’en 2D sur le papier.

LA VILLE ANTHROPOMORPHE
Collège Lamartine de Tours.
Professeure : Anne Paty.
Partant du principe que l’architecture a pour objectif d’envelopper les corps, les élèves ont choisi de réaliser des architectures dont les plans sont justement leurs propres silhouettes en action. Il en résulte un ensemble de formes imprimées en 3D qui, vues du dessus, composent une scène de genre constituée de personnages. Et quand on déplace le regard, c’est une ville et ses immeubles qui se dessine.

LES ARCHI-OMBRES
Collège Pierre de Ronsard de Bourgueil.
Professeure : Isabelle Magdinier.
Le travail des collégiens s’est concentré sur une réflexion du passage de la 2D à la 3D puis de nouveau à la 2D. Ils ont d’abord réalisé de petites maquettes architecturales qu’ils ont ensuite mises sous la lumière des projecteurs. L’ombre projetée des maquettes est photographiée et transformée en objet par leur impression en 3D. Les formes issues de ce processus sont de nouveau photographiées, s’éloignant radicalement de la forme initiale, comme si le retour en arrière était impossible

LES ARCHI-MOTS
Collège André Duchesnes de L’Île-Bouchard.
Professeur : Florent Lamouroux.
À la fois artiste et professeur intervenant en arts plastiques, Florent Lamouroux s’est attaché avec ses élèves à «  mettre en scène » des mots désignant une action. Les mots deviennent des architectures qui sont conditionnées par le geste qu’elles décrivent.

SCULPTURES PLATES
Collège Anatole France de Tours.
Professeure : Dany Hazebroucq.
Les élèves ont travaillé sur des sculptures plates aux formes variées qui donnent l’impression, lorsqu’elles sont regardées de face, d’être en trois dimensions. Ces formes sont ensuite photographiées et incrustées sur des images de la place Choiseul, simulant leur implantation dans l’espace urbain et dialoguant avec les œuvres de Daniel Buren pour qui, justement, la question du point de vue est primordiale dans l’appréhension de l’espace.

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En complément, à l’occasion du week-end des Journées Européennes du Patrimoine, les associations de la place Choiseul – Eternal Network, Mode d’Emploi et Groupe Laura – ouvrent les quatre pavillons d’octroi.
En écho au projet Impressions d’espace, l’œuvre Timelife Sculpture de Florent Lamouroux, réalisée avec les étudiants de GEII de l’IUT de Tours en 2015, sera présentée dans l’octroi de Mode d’Emploi.
Quant au Groupe Laura, il invite la revue Faros à présenter son travail éditorial et propose une carte blanche aux différents acteurs de l’open space Delta : Guillaume Le Baube (photographie), Guillain Le Vilain (sérigraphie) et Guillaume Bernard (label musique actuelle).

Informations Pratiques

Eternal Gallery
Les Octrois, place Choiseul • Tours
sam 17 & dim 18 septembre 2016 • 15 h > 19 h
Entrée libre
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Cette exposition reçoit le soutien de la Ville de Tours, de la DRAC Centre-Val de Loire, de la Région Centre – Val de Loire et du Département d’Indre-et-Loire.