Jean-Michel Othoniel

Biographie sommaire :

Privilégiant, par goût des métamorphoses, sublimations et transmutations, les matériaux aux propriétés réversibles, Jean-Michel Othoniel se fait d’abord remarquer par ses sculptures en soufre exposées à la Documenta de Cassel en 1992.

Il participe en 1994 à l’exposition Féminin/Masculin au Centre Pompidou, son installation My Beautiful Closet met en scène des danseurs filmés dans l’obscurité d’un placard. C’est à partir de 1993 que Jean-Michel Othoniel introduit le verre dans son travail et en expérimente les propriétés ; transformations, mutations de la matière et rites de passages d’un état à un autre font écho à un autre rite fondamental dans l’œuvre de l’artiste, celui du voyage et du souvenir.

La blessure est au cœur de son œuvre ; en 1997, il crée Le Collier cicatrice, petit collier de verre rouge qu’il offre à qui veut le porter avec fierté. En 1996, il suspend des colliers de géants dans les bambous du jardin de la Villa Médicis, puis aux arbres du jardin vénitien de la collection Peggy Guggenheim (1997), ainsi qu’à l’Alhambra et au Generalife, à Grenade (1999). Ses œuvres, sortes de fruits défendus, vivent et s’intègrent au paysage, aux feuillages, comme autant d’excroissances organiques absorbant l’ombre et diffractant la lumière.

En 2000, un siècle après Hector Guimard, il transforme la station de métro parisienne, Palais Royal-Musée du Louvre, en Kiosque des noctambules ; deux couronnes de verre et d’aluminium dissimulent un banc destiné aux rencontres fortuites dans la ville endormie.

En 2003, à l’occasion de l’exposition Crystal Palace à la Fondation Cartier et au MOCA de Miami, il fait réaliser à Venise et au Centre international du Verre à Marseille des formes de verre soufflé, destinées à devenir d’énigmatiques sculptures, entre bijoux, architectures et objets érotiques.

En 2004, Jean-Michel Othoniel investit les spectaculaires salles mésopotamiennes du Musée du Louvre dans le cadre de l’exposition Contrepoint. Ses sculptures monumentales de verre et d’aluminium, réalisées spécialement pour l’histoire des lieux, prennent là une dimension calme et intemporelle. La grande rivière blanche aux perles constellées de pointes de seins a été acquise par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris et fait partie de la nouvelle présentation des collections du musée.

À l’occasion de Art Unlimited 2005, Jean-Michel Othoniel expose Le Bateau de larmes dans le bassin situé devant l’entrée de la foire de Bâle. L’artiste, dont le travail lie souvent l’intime au politique, a récupéré et utilisé une barque abandonnée par des boat people cubains sur les plages de Miami. Une couronne, des chaînes et des colliers, tous de verre coloré, se transforment en leurs extrémités en d’énormes larmes de cristal limpide. La sculpture flotte sur l’eau tel un vaisseau fantôme chargé de larmes de souffrance et de larmes de joie, débordant de souvenirs et couvert d’ornements festifs.

En 2006, Jean-Michel réalise plusieurs commandes publiques (Métro à Toulouse, tramway de Nice, Aquarium à Amiens) et privées. Particulièrement attentif au contexte dans lequel il intervient, l’artiste parvient avec ses œuvres à créer de nouveaux récits, de petites fictions féeriques à même de transfigurer les lieux, leur conférant une nouvelle identité.

Au cours de l’année 2007, une de ses expositions personnelles se tient à la Galerie Brent & Sikkema à New York. Il réalise également des pièces pour Chanel à Los Angeles et à Honk Kong.

En 2008, une grande exposition personnelle lui est consacrée chez Karsten Greve à Cologne.

L’artiste a progressivement inventé un monde de liberté ultime et d’acceptation du réversible qui caractérise sa personnalité.

(...)

Le plaisir se lie au contact des œuvres. L’utilisation récurrente du verre de Murano, place instantanément ces objets dans un entre-deux séduisant. Entre sculptures et joaillerie, les pièces de verre existent pour elles-mêmes. La transformation des matériaux est érigée en principe, le travail du verre résonne comme les plis d’une étoffe, l’écriture d’Othoniel se moque des supports mais en explore toutes les facettes, tous les voilages, tous les plissés. Ses transsubstantiations sont alchimiques, elles opèrent dans la matière même.

S’intéressant autant aux détails qu’aux parures, les bijoux deviennent des colliers de désillusions. Vanité de Vanité, les montures de verre soufflé sont des instruments de séduction doucereux, des outils de torture délicieux, clinquants et cinglants ils piquent comme des poignards le cœur des hommes. Véritables piège à loups, ils se transforment en attrape-cœurs, et provoquent des blessures assassines, causant des cicatrices intestines. Les titres des œuvres abondent dans ce sens, il n’y a que des Larmes de couleur, des Bateau de larmes ou encore des Cœur renversé.

Jean-Michel OTHONIEL est représenté par la galerie Emmanuel Perrotin (Paris).

Texte de Pierre-Evariste Douaire

Site web de l'artiste :

http://www.othoniel.fr/

Projets effectués avec l'artiste :



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